L'@ide-Mémoire

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 Le Tombeur !!!

 
René Delacroix / 1957 / France

 

Avec : Jacques Jouanneau (M. Doucin père Édouard Doucin, dit Doudou), Denise Grey (Natacha Olivaro), Marthe Mercadier (Amanda Lantier), Raymond Bussières (James, le valet de chambre de Doudou), Pierrette Bruno (Poupette Lantier), Misha Auer (Pedro Olivaro), Geneviève Cluny (Babeth Olivaro), Alice Tissot (Hortensia, la couturière), André Gabriello (Eugène Lantier), Gaby Morlay (Agathe de Chamillac), Henri Marchand (le fondé de pouvoir), Sophie Sel (Lucie, la bonne), Jacques Deschamps (Jacques, le livreur de fleurs), Jacques Dorbet (Antoine, le beau-frère), Henri Coutet (l'employé des Pompes funèbres), Roger Vincent (un invité âgé), Jean Lepage (le serveur aux piles d'assiettes), Bréols, Albert Daumergue, Germaine Grainval, Gaëtan Noël...



Le « tombeur » – suivi d’un triple point d’exclamation (au moins…) – suggéré par le titre, c’est Jacques Jouanneau, autant dire que les choses sont, dès le départ, très mal engagées. Impeccable dans les comparses, et il sut le prouver chez Jean Renoir comme chez Philippe de Broca (clin d’œil à Chouans !, où il interprétait, fort bien, un domestique dévoué à ses maîtres au point de les faire envoyer à l’échafaud, avant d’achever lui-même ses jours dans un cul de basse fosse), ce n’est pas l’homme des grands premiers rôles comiques, et il le démontre une heure vingt-cinq durant, pénible et jamais drôle. À l’image du film lui-même, hautement approximatif sur le fond (comment raisonnablement croire que Marthe Mercardier, 29 ans au moment du tournage, est la mère de Pierrette Bruno, 27 ans ?), mené à un à l’heure pour ce qui est de la forme et ne tenant que sur les numéros d’acteurs, plutôt réussis, quand bien même Bussières – paresse toute – cabotinerait-il un peu trop, là où Pierrette Bruno et Geneviève Cluny, adroites sans plus, jolies mais pas trop, n’auraient-elles autre chose à défendre qu’un catfight moins spectaculaire que ceux de Dynastie trois décennies plus tard. Par leur présence conjointe, Gabriello, Mischa Auer, Gaby Morlay, Alice Tissot et, surtout, Denise Grey (mi-Luisa Colpeyn, mi-Le Gloupier), plus réjouissants les uns que les autres, confirment que c’est bien dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes. Le hic, c’est que la soupe en question, non contente de sentir le réchauffé, a la consistance d’un vulgaire brouet, à la fois insipide et indigeste, concocté à la vite par un ersatz de cinéaste, dont les Nouveaux-Vagues aimaient à se moquer, au rapport du seul Paul Vecchiali. René Delacroix arrêta les frais une fois Le Tombeur !!! sorti en salles, et, ce faisant, eut raison de le faire. Pour autant, il eût assurément été mieux inspiré de prendre sa retraite un an ou deux plus tôt.



© Armel De Lorme / L’@ide-Mémoire, novembre 2018. Toute reproduction même partielle interdite, sauf autorisation expresse écrite des auteur et éditeur.


Photo : Denise Grey (à droite), René Chateau/La Mémoire du Cinéma, D.R.

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