L'@ide-Mémoire Cinéma

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  Les Frères Bouquinquant
 
Louis Daquin / 1947 / France

 

Avec : Albert Préjean (Léon Bouquinquant), Madeleine Robinson (Julie Bouquinquant), Roger Pigaut (Pierre Bouquinquant), Louis Seigner (le juge d’instruction), Jean Vilar (l’aumônier), Abel Jacquin (Louis), Paul Frankœur [= Paul Frankeur] (le commissaire), Mona Dol (Mme Leclerc), Charles Lavialle (Thomas), Victor Vina (le médecin légiste), Cora Vaucaire (la chanteuse des rues), Albert Broquin (un homme au commissariat), Juliette Gréco (une religieuse), Génica Athanasiou (?), Maurice Derville, Nicole Desailly, Louise Fouquet, Paule Launay, Mme Pâquerette, André Var...


Premiers pas à l’écran des chanteuses et actrices Cora Vaucaire (Geneviève Collin, 1918-2011) et Juliette Gréco (1927-).


La sincérité chez Louis Daquin confinait volontiers au premier degré toute. Adapté d’un roman de Jean Prévost, Les Frères Bouquinquant en constitue une sorte de preuve par neuf, dont la construction sous forme de double flash-back et le naturalisme constant ne font que renforcer l’académisme, constant lui aussi. Albert Préjean, à contre-emploi, force et alourdi le trait sans croire une seconde à son personnage de brute mal embouchée, là où Roger Pigaut bute de manière incessante sur des dialogues en contreplaqué signés Roger Vailland, qu’il serait vain, déraisonnable et fastidieux de reproduire. Madeleine Robinson se saurait être mauvaise en aucune ciconstance : elle se montre simplement ici, quatre-vingt-dix minutes durant, très inférieure à son potentiel habituel, geint un peu plus que de raison – ce qui lui sied moyennement – et confirme au passage, qu’elle n’est absolument pas faite pour les emplois de victimes. Quatre ans après le tournage de Douce, ses retrouvailles face caméra avec Roger Pigaut n’ont, de toute évidence pas eu lieu, et c’est dommage. Restent deux ou trois brèves séquences d’extérieur nuit impeccablement photographiées, un close up à tomber sur Julie-Robinson au moment où l’intéressée s’apprête à échanger son premier baiser avec Pierre-Pigaut, et, de manière plus anecdotique, le sentiment d’amusement provoqué par la double présence à l’écran de Cora Vaucaire et de Juliette Gréco, l’une et l’autre effectuant ici, sans d'ailleurs véritablement se croiser, leurs premiers pas cinématographiques respectifs. Maigre récolte, au regard du didactisme manifesté par Daquin cinéaste du début à la fin, didactisme que la douce immoralité du dénouement – pour le coup inattendu – ne parvient pour autant à tempérer. Pénible et laborieux.


© Armel De Lorme / L’@ide-Mémoire, juillet 2019. Extrait du Volume XVIII de L'Encyclopédie des Longs-Métrages 1929-1979. Toute reproduction, même partielle, reste soumise à l'accord écrit des auteur et éditeur.