L'@ide-Mémoire Cinéma

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☆☆  Des jeunes filles dans la nuit...
 
René Le Hénaff / 1942 / France

 

Avec : Gaby Morlay, Fernand Ledoux, Huguette Duflos, Renée Faure, Louise Carletti, Pierre Mingand, Marguerite Pierry, Denise Grey, Pierre Larquey, Henry Bosc, Georgette Tissier, Yves Deniaud, Élina Labourdette, Rosine Luguet, Sophie Desmarets, Henriette Berriau [= Héléna Bossis], Cœcilia Paroldi [= Cécilia Paroldi], Noëlle Norman, Guitty Landier, Luce Fabiole, Lucien Nat, Jacques Charon, André Varennes, Camille Guérini, Georges Spanelly, Robert Favart, Pierre Darteuil, René Lacourt, Henri de Livry, Albert Malbert, Eugène Yvernès, Maurice Salabert, Marguerite de Morlaye, Jules Berry (rôle intégralement coupé au montage), Lise Delamare (rôle intégralement coupé au montage), Saturnin Fabre (rôle intégralement coupé au montage).


N.B. : Basées sur sources non-film dépoque, les diverses distributions publiées à ce jour sont, au choix, erronées ou incomplètes. Les génériques technique et artistiques revisités figureront dans le premier volume de la somme que L’@ide-Mémoire consacrera, en 2020, au Cinéma français des années d’Occupation.


Afin d’échapper, fût-ce provisoirement, au joug oppressant que sa tyrannique épouse fait peser sur lui au quotidien, Anatole Bonnefous, brave directeur d’un pensionnat versaillais de jeunes filles, va faire une belote au café du coin avec des amis. Rentré ivre, il met accidentellement le feu à l’institution. Les pompiers parviennent à éteindre l’incendie, mais les lieux sont désormais inhabitables, ce qui contraint la directrice et la jeune institutrice attachée à son établissement, Mlle Barfleur, à reconduire les pensionnaires versaillaises et parisiennes, privées de toit, dans leurs familles respectives.


Comédie à sketches, tout au long de laquelle Yves Mirande scénariste et dialoguiste tente vainement de concilier sa veine et sa verve d’avant-guerre avec les exigences du Cinéma de Vichy. Le premier degré est omniprésent, les poncifs le disputent constamment aux bons sentiments, la bécasserie ambiante a vite raison de la satire sociale et la mise en scène laborieuse de René Le Hénaff n’arrange pas l’affaire. Côté direction d’acteur, on n’est jamais très loin du zéro pointé, en dépit des efforts méritoires de Marguerite Pierry et de Pierre Larquey, légèrement en-deçà de leur niveau habituel. Huguette Duflos (sclérosée), Gaby Morlay (fluctuante), Denise Grey (fatigante), Pierre Mingand (fatigué), Lucien Nat (éteint) patinent dans la semoule, Fernand Ledoux donne le sentiment de promener des oignons invisibles sous l’œil du spectateur, histoire de lui arracher ce suffisamment de larmes pour contenter le producteur (et édifier les masses), Renée Faure passe incompréhensiblement – pour elle aussi ? – du registre de l’institutrice coincée experte dans l’art du chantage affectif à celui de femme fatale qui s’ignore et Jacques Charon, pas spécialement aidé par un rôle particulièrement ingrat (et encore moins par un metteur en scène démissionnaire) fait reculer l’abomination faite acteur vers des horizons jusqu’alors insoupçonnés. Des six ou sept « jeunes filles dans la nuit » (comptons le mètre cinquante-trois et l’insignifiance de Louise Carletti pour du beurre), Sophie Desmarets (prometteuse) est la seule à présenter un semblant d’intérêt : dommage pour ses camarades Élina Labourdette et Héléna Bossis, qui devront encore patienter quelques années avant de se voir octroyer l’Agnès des Dames du bois de Boulogne (Robert Bresson, 1944) et la flamboyante sorcière du Destin exécrable de Guillemette Babin (Guillaume Radot, 1947).


© Armel De Lorme / L’@ide-Mémoire, novembre 2019.


Extrait de l’ouvrage, à paraître courant 2020, Le Cinéma français des années d’Occupation - Tome IL’@ide-Mémoire. Toute reproduction même partielle est strictement interdite, sauf accord écrit des auteur et éditeur.