L'@ide-Mémoire

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☆  Les Baratineurs 
 
Francis Rigaud / 1965 / France

 

Avec : Jean Poiret, Michel Serrault, Darry Cowl, Francis Blanche, Pascale Roberts, Jean-Roger Caussimon, Hélène Duc, Pierre Tornade, Michel Galabru, Roger Pierre, Jean-Marc Thibault, Jean Tissier, Rivers Cadet, Bénédicte Lacoste, Pierre Nunzi, Marcel Charvey, Robert Rollis, Max Desrau, Max Montaon, Jean Droze, Guy Revaldy, Mic Besson, Carlo Nell, Pippo Merisi, Jean Michaud, César Torrès, Paul Vervisch, Sébastien Floche, Suzel Goffre, Oliva Poli, Christiane Ballester, Dominique Delpierre, Simone Darot, Sylvie Mousson, Carole Serrero, Émile Riandreys, Étienne Draber, Jean-Louis Tristan, Ingrid Weiss, Roland Malet, Marie Mansart, Denis Daniel (?).


Par une succession ininterrompue d’événements plus singuliers les uns que les autres, Jacqueline et Louis Dujardin, poissonniers à la veille de l’inauguration de leur commerce, se retrouvent les heureux (?) propriétaires d’un tableau de la Renaissance volé, naturellement convoité par une cohorte de margoulins plus ou moins bien intentionnés. Or si tout le monde autour du couple est parfaitement au fait de la valeur artistique et marchande de ce retable estampillé Duranti, le ménage Dujardin, en ce qui le concerne, ne connaît strictement rien à la peinture. Aux termes d'un vernissage éprouvant pour leurs nerfs (et ceux de leurs invités) ayant insensiblement viré cauchemar, Monsieur et Madame - qui peuvent désormais se le permettre - vont se reposer dans leur maison de campagne, où surgissent quasiment coup sur coup deux escrocs, se faisant passer pour des banquiers suisses, et une antiquaire snobinarde. Un dernier acquéreur, le bon cette fois, arrive à son tour, qui en achetant le fameux Duranti à prix raisonnable, débarrasse dans le même temps le couple Dujardin de ses soucis financiers, du très encombrant retable et – ce qui est mieux encore – des importuns, escrocs et autres parasites de tout poil.


Il faut toute la folie dont Francis Blanche et Darry Cowl savent faire montre, jusque dans - surtout dans ? - les pires navets, toute l’énergie et toute l’élégance de Pascale Roberts (oui, même dans un rôle de poissonnière devenue riche à millions du jour au lendemain), toute la classe et tout l’abattage de l'immense Hélène Duc, incomparable rombière attitrée des productions hexagonales mid-Seventies, pour faire passer cette succession affligeante et jamais drôle de simili gags plus ringards et poussifs les uns que les autres. Francis Rigaud, qui n’en était pas à son coup d’essai, démontre une fois de plus qu’on peut enquiller les kilomètres de pellicule sans avoir jamais probablement vu un film de sa vie, et que s’il suffisait de réunir face caméra une brochette d’acteurs plutôt réjouissants par nature pour que le résultat puisse - éventuellement - faire penser à quelque chose ayant vaguement à voir avec le cinémato, cela se saurait depuis longtemps. Il est vrai que les Poiret-Serrault, seuls interprètes à réellement démériter parmi la vingtaine que comporte l’affiche (mentions spéciales, dans des apparitions furtives, à Michel Galabru, Jean Droze, Jean Tissier, Pierre Tornade et Marie Mansart), semblent conjuguer tous leurs efforts, du début à la fin, pour plomber un peu plus l’ensemble. C'est, un peu par défaut, l’unique excuse que l’on puisse trouver à Francis Rigaud, qui demeurera probablement dans les annales comme le réalisateur français le plus inutile de toute sa génération, une bonne tête devant Denys de La Patellière ou, à manque d'ambition égale, Jean Bastia.



© Armel De Lorme / L’@ide-Mémoire, 2016-2018.


Version remaniée d’un texte extrait de l’Encyclopédie des Longs-Métrages français 1929-1979 - Suppléments A~D # 2 (Armel De Lorme, L’@ide-Mémoire, 2016). Toute reproduction même partielle interdite, sauf autorisation écrite des auteur et éditeur.

Photo : Oliva Poli, Suzel Goffre et Marcel Charvey. René Chateau/La Mémoire du Cinéma, D.R.